IRCP
Institut des Récifs Coralliens du Pacifique
EPHE

Bonne Année 2017!

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L’IRCP se joint au CRIOBE pour vous présenter ses meilleurs voeux pour l’année 2017!

Les Bleeker Awards IPFC 2017

Depuis 2005, l’Indo-Pacific Fish Conference (IPFC) a le privilège de remettre les Bleeker Awards, en honneur à Pieter Bleeker, père de l’ichthyologie dans l’Indo-Pacifique. Ces prix récompensent des scientifiques pour leur remarquable contribution dans le domaine de la recherche ichthyologique dans l’Indo-Pacifique. Précédemment se sont vu remettre les Bleeker Awards John E Randall et J. Howard Choat en 2005, suivi de Peter Sale et Bill Eschmeyer en 2009, et Gerald Allen et Jeff Leis en 2013.

Organisée par le CRIOBE, la prochaine IPFC aura lieu à Tahiti en Octobre 2017. Les nominations pour les Bleeker Awards 2017 sont maintenant ouvertes! Plus d’informations ici.

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H. Choat receiving the Bleeker Award – IPFC7

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J. Randall receiving the Bleeker Award – IPFC7

Les Bleeker Awards 2017 sont réalisés en partenariat avec la compagnie aérienne Air Tahiti Nui et les hôtels InterContinental

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Bourses IRCP/CRIOBE 2017

The Institute for Pacific Coral Reefs (IRCP) and the CRIOBE will offer 4 grants in 2017 to young scientists – PhDs and Post-doctorates, under 35 years old – for research projects focused on the coral reefs of French Polynesia. Grants will be available to both French nationals and foreigners. To support the advancement of science in the Pacific, one of the four award recipients will come from the South Pacific Islands.

The IRCP scientific committee, including several members from the Pacific Community (SPC), will lead the selection process.
Each grant is valued at 4500 euros and will support:

  • travel expenses to and from French Polynesia,
  • accommodation and research costs at the CRIOBE research station.

Selected candidates will have 12 months from the time the award is granted to complete their research project. Within a month of completing fieldwork, the candidates will provide a preliminary report of their findings. The successful candidates will provide a final report, including at least one publication in a peer reviewed scientific journal of a high standard, in the following year. The grant should be mentioned in reports and publications under the name “IRCP – CRIOBE”.

To apply for the 2017 IRCP-CRIOBE grant, applicants must submit:

  • a CV (2 pages max),
  • a research project (5 pages max. including references),
  • an abstract of research project (200-250 words)
  • and a financial appendix (including estimated expenses – 1 page max.)

Please send all application materials to: admin@ircp.pf or lecchini@univ-perp.fr

All applications must be received before 30 January 2017
Grant recipients will be announced 24 February 2017.

Une nouvelle méthode pour mesurer l’impact des activités humaines sur les écosystèmes

Les activités humaines modifient les écosystèmes, parfois de manière positive (par exemple la création d’une aire protégée), parfois de manière négative (par exemple le déversement d’hydrocarbures). Comment évaluer de manière sûre l’impact environnemental de telles activités humaines et le distinguer de la variabilité naturelle ? À ce jour, les approches expérimentales classiques ne sont pas adaptées car elles ne permettent pas de modéliser la multitude de formes que peut prendre la réponse d’un système naturel à une perturbation. Pourtant, de telles informations sont essentielles pour comprendre l’impact de l’Homme sur l’écosystème et développer des stratégies de gestion qui soient appropriées.

Dans une étude publiée dans la revue Methods in Ecology and Evolution, deux chercheurs du CRIOBE, en collaboration avec des chercheurs des Universités de Georgia (États-Unis), Deakin (Australie) et Pontificale Catholique (Chili) ont développé une nouvelle [Lire la suite].

Référence
Thiault L, Kernaléguen L, Osenberg CW, Claudet J. (2016) Progressive-Change BACIPS: a flexible approach for environmental impact assessment. Methods in Ecology and Evolution; doi:10.1111/2041-210X.12655

Photos
Lauric Thiault

Projet de PCC à Tetiaroa (2016-2018), le Film!

Approvisionner le lagon de Tetiaroa grâce à la capture, l’élevage et la relâche de larves de poissons et de crustacés (2015 – 2018)

Par le CRIOBE

Ce projet a pour objectif d’approvisionner le lagon de Tetiaroa, grâce à l’élevage et la relâche de poissons et de crustacés attrapés au stade larvaire pendant une durée de trois ans. Les larves d’organismes marins peuvent être attrapées grâce à un filet posé sur la crête récifale de l’atoll. Ces larves sont ensuite gardées en aquarium pendant un à trois mois selon les espèces, puis elles sont relâchées dans le lagon de Tetiaroa. Les larves relâchées sont marquées par des tags externes ou des tags magnetiques internet (dans la chair). Ce marquage permet d’estimer la proportion de larves élevées impliquées dans le stock de poissons et de crustacés adulte de l’atoll. L’approvisionnement est mené dans différentes partie de l’aire marine protégées de Tetiaroa. Ce projet s’inscrit dans l’approche responsable de la gestion des ressources , dans le contexte d’un développement durable de l’atoll et fait partie de The Tetiaroa Sustainable and Conservation Plan.

Larves collectées au filet de crête à Tetiaroa

Larves collectées au filet de crête à Tetiaroa

Le caractère innovant de ce projet réside dans l’utilisation de larves de poissons et de crustacés pour approvisionner les lagons polynésiens. De nombreuses études ont démontré que la Post-larval Capture and Culture (ou PCC) est une technique économiquement viable pour les marchés de l’aquaculture et de l’aquariophilie (Bell et al. 2009). Malheureusement très peu d’études ont été menées pour démontrer que cette technique est environnementale viable pour réapprovisionner un lagon corallien (Grignon 2010). Ce projet a pour ambition de combler ce manque. Les études réalisées pendant ce projet vont fournir une nouvelle compréhension de la connectivité et du recruitement larvaire au sein des habitats coralliens, ceci permettant d’aider les personnes impliquées dans la conservation et la gestion des récifs. Si le potentiel de recrutement larvaire diminue à cause de stresses naturels ou anthropiques, les popultations adultes vont elles aussi décliner. Un autre caractère innovant du projet est l’utilisation de marqueurs internes ou externe pour évaluer l’impact de l’approvionnement sur les stocks adultes de l’atoll. Finalement, la participation d’acteurs économiques de Tetiaroa permet une approche participative directe des premiers utilisateurs de l’île, presents sur l’atoll de manière régulière et qui ont un intérêt manisfeste pour la préservation de la ressource. Cette technique pourrait être appliquée sur d’autres îles. La communauté de pêcheurs encourage ce projet qui pourrait fournir une solution à long-terme au problème de surpêche que subissent certaines zones.

=>Regardez cette vidéo pour avoir un aperçu du projet

Bourses EUROPCAR – CRIOBE – TARA PACIFIC

CRIOBE_1x1Le CRIOBE (Unité Mixte de Recherche du CNRS, de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et de l’Université de Perpignan) est un centre de recherche bien connu dans le paysage de la recherche en Polynésie française depuis plus de 40 ans, spécialisé dans l’étude de l’écosystème corallien. C’est également un centre de recherche reconnu internationalement, accueillant plus de 200 chercheurs chaque année dans ses laboratoires de Moorea à l’entrée de la merveilleuse et symbolique vallée d’Opunohu. Les recherches menées par le CRIOBE s’exercent à travers de multiples disciplines – l’écologie, la génétique, la chimie, l’éthologie – et ont donné lieu à la soutenance de plus de 100 thèses de doctorat, la rédaction de plusieurs centaines d’articles dans des revues scientifiques internationales, et aussi des dizaines de rapports d’études en lien direct avec la protection de l’environnement local et la protection des milieux marins et terrestres.

image002La société EUROPCAR – Polynésie, consciente de la nécessité d’œuvrer dans la protection de l’environnement face aux menaces liées le plus souvent à des activités anthropiques non responsables, a mis en place une collaboration avec le CRIOBE, visant à récompenser des étudiants méritants. Ainsi, deux bourses de 100 000 CFP et 50 000 CFP seront remises à des étudiants en Master ou en Doctorat au CRIOBE, afin de les encourager à poursuivre leurs recherches dans des domaines aussi variés que l’étude de l’adaptation des organismes face au réchauffement climatique ou la reproduction des coraux.

tara-pacific-logo-hdProfitant de l’implication du CRIOBE dans la mission TARA Pacific* (Serge Planes, directeur du CRIOBE, est le directeur scientifique de cette épopée à travers les Océans) et de la présence du bateau scientifique dans les eaux polynésiennes, EUROPCAR organise la remise des prix au centre Vaima le samedi 05 Novembre en présence des scientifiques de TARA et des chercheurs du CRIOBE ayant embarqué sur la goélette pour un périple de 2 ans à travers l’Océan Pacifique. Cette année deux jeunes chercheurs du CRIOBE, les Dr. Laetitia Hédouin et Valeriano Parravicini, seront aussi récompensés pour leur implication dans la recherche en biologie marine, permettant ainsi une meilleure connaissance du milieu marin pour mieux le préserver. Tous deux présenteront leurs derniers travaux sur les coraux et les poissons, réalisés dans les Tuamotu à bord de TARA pendant le mois d’octobre.

Venez nombreux au centre VAIMA le samedi 05 Novembre 2016 à 8h30 pour rencontrer ces descendants du Commandant COUSTEAU et les écouter raconter leur expédition hors du commun !
Laetitia Hédouin et David Monmarche en mission pour Tara Pacific. Crédits Photo : Maggy Nugues

Laetitia Hédouin et David Monmarche en mission pour Tara Pacific. Crédits Photo : Maggy Nugues

*L’expédition Tara Pacific est coordonnée scientifiquement par le CRIOBE et le Centre Scientifique de Monaco et organisée par la Fondation Tara Expéditions.

Biodiversité terrestre et marine des îles Marquises, Polynésie française. Le Livre !

Téléchargeable gratuitement ici (attention fichier volumineux, 166Mo).

L’archipel des Marquises au sein de la Polynésie française, composé d’une douzaine d’îles océaniques, est l’un des plus isolés au monde. Il possède des écosystèmes et une biodiversité terrestre et marine exceptionnels, avec des paysages spectaculaires et de nombreuses espèces végétales et animales endémiques, parfois gravement menacées de disparition. Ces originalités écologiques, associées à une forte authenticité culturelle, soulèvent des enjeux de gestion et de conservation très importants et justifient pleinement l’inscription de cet archipel sur la liste des biens mixtes (naturels et culturels) du Patrimoine mondial de l’Unesco.

Cet ouvrage, comprenant 22 chapitres écrits par 74 scientifiques et experts locaux, nationaux et internationaux, est la première synthèse générale des connaissances acquises sur les flores et faunes terrestres, marines et d’eau douce des Marquises et sur leurs habitats naturels. Il constitue une référence pour tous les biologistes, naturalistes, gestionnaires des ressources naturelles, visiteurs attachés à cet archipel et avant tout pour les Marquisiens eux-mêmes.

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Galzin R., Duron S.-D. & Meyer J.-Y. (eds), 2016. Biodiversité terrestre et marine des îles Marquises, Polynésie française. Paris: Société française d’Ichtyologie. 526 pages.

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L’acoustique, thérapeute des AMP : Ecouter le récif corallien pour connaître son état de santé.

Les récifs coralliens sont parmi les écosystèmes (marin et terrestre confondus) les plus variés et complexes au monde. Pourtant, ils ne comptent que 2,1% d’espaces préservés par des Aires Marines Protégées (AMP). Face aux changements globaux rapides il est essentiel d’établir des AMP dans les récifs coralliens bénéficiant d’outils de gestion capables de mesurer rapidement et sur une grande échelle spatiale la vitesse de dégradation et/ou la capacité de résilience de l’environnement protégé.

C’est dans ce contexte qu’est née une étude réalisée par des chercheurs du CRIOBE (Centre de Recherche Insulaire et Observatoire de l’Environnement, USR 3278 EPHE-CNRS-UPVD)  et de l’université de Liège sur l’île de Moorea, l’île de Polynésie française la plus étudiée au Monde. Leur questionnement était le suivant : peut-on utiliser l’acoustique sous-marine pour déterminer la biodiversité d’un environnement ?  Dans le milieu terrestre des études ont démontré que les forêts dégradées présentaient un « paysage acoustique » moins varié du fait de communautés animales modifiées. Peut-on appliquer ce concept de « paysage acoustique » au milieu marin ? Et si oui, peut-il nous apporter des renseignements sur la santé des récifs coralliens ?

Frédéric Bertucci, qui a mené cette étude dans le cadre de son post-doctorat au CRIOBE (grâce à un Financement de la Fondation Total) décrypte: « Des études récentes ont permis la description sonore de différents environnements marins à travers le monde. A Moorea, nous avons par exemple fourni les signatures acoustiques de différents types d’habitats du lagon depuis la crête récifale jusqu’à la côte. Le problème restait d’appliquer ce concept à un même type d’habitat, mais pouvant avoir des états différents, plus ou moins dégradés. Les différences devraient être plus subtiles mais si elles existent, et qu’elles sont liées à l’état de santé du milieu, alors l’acoustique pourrait être utilisée sur le long terme dans un effort de suivi et de conservation ». Pour écouter le récif corallien de Moorea, les chercheurs ont placé des hydrophones à différents endroits sur la pente externe de l’île, la moitié des instruments dans des AMP, l’autre moitié dans des zones non protégées. Le suivi qui a duré 4 mois, a démontré qu’un récif avec un fort recouvrement corallien possède une activité sonore plus grande qu’un récif dégradé. De même, les sites ayant une plus grande biodiversité produisent un paysage acoustique plus varié.

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Mise en place d’un micro par un apnéiste, sur la côté est de Moorea

Cette recherche ouvre une nouvelle voie d’observation du milieu sous-marin, combinant deux éléments clés (niveau et complexité acoustique) et démontre deux choses : oui, l’acoustique sous-marine permet de déterminer l’état d’un environnement. Et oui, les Aires Marines Protégées de Moorea sont efficaces ! En effet, le suivi, effectué dans quatre AMP de l’île et quatre zones non protégées, a clairement permis de différencier les deux. Les AMP de Moorea présentant une plus haute biodiversité grâce à leur paysage corallien en bonne santé étaient les zones les plus bruyantes. L’avenir du suivi acoustique dans le milieu corallien semble donc prometteur !

L’ensemble de ces recherches a fait l’objet d’une publication scientifique dans la revue Scientific Report : Bertucci, F. et al. Acoustic indices provide information on the status of coral reefs: an example from Moorea Island in the South Pacific. Sci. Rep. 6, 33326; doi: 10.1038/srep33326 (2016).

CONTACTS SCIENTIFIQUES

Frédéric BERTUCCI (Perpignan, France) :
Tel: +33 6 64 35 36 31 | email: fred.bertucci@gmail.com

David LECCHINI (Moorea, Polynésie française) :
Tel: +689 40 56 13 45 | email: lecchini@univ-perp.fr

ENSAD, deuxième année, nouveau logo

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ENSAD, deuxième année, nouveau Logo

ENSAD est une plateforme d’enseignement à distance, consacré à la biodiversité des récifs coralliens, gratuite et accessible à tous. Avec 50 intervenants et plus de 80 cours, ENSAD offre un enseignement de qualité accessible à tous. 2016-2017 sera la deuxième année universitaire, rendu possible grâce au soutien de PSL.

2015-2016 : ENSAD complète son offre d’enseignement

La première année universitaire d’ENSAD a débuté en 2015, avec une cinquantaine de cours au programme. 150 personnes (Master et formation continue confondus) de sept pays différents ont pu bénéficier de cet enseignement.

En parallèle, de nouveaux enseignements ont été filmés en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et à Perpignan.

  • les thématiques essentielles continuent d’être abordées, telles que la biologie, l’écologie, la gestion et la conservation des coraux et des poissons.
  • certains processus fondamentaux sont approfondis, comme le recrutement et la dispersion larvaire face aux changements climatiques.
  • d’autres organismes clés des récifs coralliens, tels que les algues, les mollusques, les tortues ou les crustacés sont maintenant au programme, grâce à des cours mais également des travaux dirigés (TD) supplémentaires (taxonomie des bivalves ou des tortues).
  • des thématiques d’actualité (changement climatique, services éco-systémiques) se voient renforcées par des cours supplémentaires
  • des thématiques émergentes, comme l’écologie fonctionnelle, font leur entrée.

 

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A l’occasion de la rentrée universitaire 2016-2017, la plateforme se dote d’un logo. Notre logo est composé de cinq éléments : quatre ronds représentant la richesse thématique et fonctionnelle de la plateforme, soulignés par son nom. Ainsi l’apprenant a pris place devant son outil informatique connecté (que cela soit un ordinateur, une tablette numérique ou un smartphone), le planisphère supporte l’idée majeure d’ENSAD d’ouvrir la connaissance des récifs coralliens au plus grand nombre. Les deux derniers ronds illustrent les récifs coralliens, thématique principale d’ENSAD, au travers de deux acteurs majeurs : le poisson et le corail.

2016-2017 : deuxième année d’ENSAD

Avec le soutien de PSL et grâce à la collaboration de 48 chercheurs et enseignement-chercheurs, Post-doctorants et Doctorants, ingénieurs d’études et techniciens de laboratoire travaillant en Polynésie française, en Nouvelle Calédonie, à Perpignan, aux Etats-Unis et en Australie, ENSAD est prêt pour sa deuxième rentrée universitaire. Nous espérons doubler le nombre de participants visionnant les 85 cours au programme cette année.

Partenaires

Les différents organismes partenaires

L’équipe ENSAD est fière de lancer cette deuxième année offrant un enseignement de qualité sur la biodiversité des récifs coralliens à tous ceux qui le souhaitent !

http://ensad.criobe.pf/

Contact : Prof. David Lecchini – Email : david.lecchini@ephe.sorbonne.fr

Processus de latéralisation chez les poissons coralliens – Bourse IRCP

Ancienne boursière IRCP (2011), Rynae G. Lanyon, de l’Université du Pacifique Sud (USP) à Fidji, publie son troisième article sur le cerveau des poissons dans Animal Behavior, en collaboration avec sept autres scientifiques. Après un travail sur les capacités visuelles des larves de poissons, c’est le processus de latéralisation cérébrale impliqué dans la reconnaissance visuelle qui est ici exploré :

Les asymétries cérébrales sont très répandues chez les vertébrés et sont reconnues pour augmenter les performances du cerveau. Pour de nombreuses espèces, les côtés droit et gauche du cerveau ont des rôles différents, ce qui a un impact sur la perception de l’information et l’émission de réponses cognitives. Certaines espèces de poissons, comme les cichlidés ou le poisson zèbre sont notamment connues pour présenter de telles asymétries au niveau du cerveau. Toutefois, peu d’informations sont disponibles quant à la latéralisation du cerveau des poissons coralliens et l’impact que cela peut avoir sur le processus du recrutement larvaire.

Dans cette publication nous proposons d’étudier le processus de latéralisation cérébrale dans la reconnaissance visuelle des conspécifiques par des larves et des juvéniles de poisson soldat (Myripristis pralinia). Les expériences menées par l’équipe du professeur David Lecchini ont eu pour but de déterminer s’il existait une différence de perception visuelle entre l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche au cours du développement larvaire. Une partie du cerveau, le télencéphale droit ou gauche, a été retirée chez plusieurs larves et juvéniles de poisson soldats. Les individus ont ensuite été placés dans un aquarium à 3 compartiments (séparés par des parois en verre) afin de tester leur capacité à reconnaître visuellement des conspécifiques (individus de la même espèce). Pour les larves la perte du télencéphale droit ou du télencéphale gauche a conduit au même résultat : dans les deux cas les larves ne sont plus capables de reconnaître visuellement les conspécifiques. En revanche, pour les juvéniles, seule l’ablation du télencéphale gauche a conduit à une perte de la reconnaissance visuelle. Il en a donc été déduit que le télencéphale gauche assure le processus de latéralisation impliqué dans la reconnaissance visuelle chez les juvéniles de poissons coralliens.

L’aquarium à trois compartiments (60 12 cm et 10 cm de haut) utilisé pour évaluer la reconnaissance visuelle chez les larges et les jeunes M. Pralinia. Le poisson testé (après ablation) est placé dans le compartiment central et son comportement est observé pendant 1 minute. Fait-il la différence entre les poissons de son espèce (conspecific adults) et d’autres poissons (heterospecific adults) ?

L’aquarium à trois compartiments (60×12 cm et 10 cm de haut) utilisé pour évaluer la reconnaissance visuelle chez les larges et les jeunes M. Pralinia. Le poisson testé (après ablation) est placé dans le compartiment central et son comportement est observé pendant 1 minute. Fait-il la différence entre les poissons de son espèce (conspecific adults) et d’autres poissons (heterospecific adults) ?

Les différentes parties d'un cerveau de poisson

Les différentes parties d’un cerveau de poisson

La mise en place d’un mécanisme de perception visuelle latéralisée au cours du développement ontogénétique des poissons est sans doute du à des facteurs génétiques en lien avec le processus de métamorphose et/ou certains facteurs environnementaux comme la prédation lors du recrutement larvaire.

Référence bibliographique

Roux N., Duran E., Lanyon R.G., Frédérich B., Berthe C., Besson M., Dixson D.L., Lecchini D., 2016. Brain lateralization involved in visual recognition of conspecifics in coral reef fish at recruitment. Animal Behaviour, vol. 117: 3-8. IF: 3.4